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List: Korca-L

[Korca-L] Roman shqiptar ne France

Andrea Pepa andreapepa2000 at yahoo.com
Tue Jul 23 03:58:37 EDT 2002


"Le tombeau du destin", Mehmet ELEZI, publié par
Editions des Ecrivains, maison d'édition de la Société
des Ecrivains, 147-149, rue Saint-Honoré, 75 001
Paris, tél: 01 39 08 05 38.
 

Mehmet ELEZI:  “LE TOMBEAU DU DESTIN”,  roman

-Résumé-

“Le tombeau du destin” de Mehmet ELEZI est un roman
qui découvre un monde double: d’une part, le
totalitarisme, renversé mais pas tué; d’autre part la
démocratie qui chancelle de l’ivresse et de la
fragilité. Les images s’entrelacent comme dans des
diapositives superposées dont on pourrait encore
discerner les détails de chacune.
Les événements se déroulent dans un ancien pays
européen, quelque peu exotique, d’où sont arrivés
durant un demi-siècle, des messages étranges et
contradictoires. Bien qu’elle ait moins de 30 mille
km2 et 3 millions de citoyens, l’Albanie a dû tenir
sur ses épaules des définitions telles que “planète”
ou “le pays du communisme mavérick”. Plus tard, le
monde fut surpris par le renversement  tout à fait
pacifique de la plus dure dictature d’après la guerre
et par les rythmes rapides de l’ouverture et de la
reprise. Mais à nouveau, comme dans la légende
albanaise du château de Rozafa, “la nuit” tout
s’écroule: le nouveau pouvoir démocratique est tout à
coup abbatu par une rébellion violente dirigée par les
ex-communistes. Et à nouveau comme dans la légende de
Rozafa, pour que les murs du nouveau château tiennent,
ce peuple doit sacrifier quelque chose de douloureux.
Comment se poursuivra le cycle et qui se fera
sacrifier?
Dans quelques dixaines de pages, ce livre tente de
jeter de la lumière sur ce pays et sur quelques unes
de ses énigmes.
La fable commence à s’éclaircir après les deux
premiers chapitres. Au centre il y a le juge
d’instruction Kir Lotaï et un mort, qui de temps en
temps apparaît comme vivant. Ce mort est le vieil
Anastasse, ancien haut fonctionnaire de la Police
Secrète communiste. Le juge d’instruction est un jeune
spécialiste qui essaie d’éclaircir les circonstances
mystérieuses dans lesquelles le vieil Anastasse a été
trouvé mort (ou tué?) dans un cimetière, sur la terre
d’une tombe fraîche. Entre ces deux personnages, dès
le début, apparaît l’écrivain aussi comme un
représentant de l’âme citoyen  vivant dramatiquement
les événements.
Pendant son enquête, le juge Kir Lotaï interroge
beaucoup de témoins: ils sont des hommes, morts ou
vivants, des animaux (“le témoin chien”),  des objets 
et même des sentiments comme Le Soupir Rose et Le
Soupir Douloureux.
Ces témoins ont été des protagonistes ou ont participé
aux événements.
L’auteur emploie des éléments de la technique des
romans policiers, mais ce roman n’en est pas un.
Le roman s’étend dans nos jours en faisant quelques
retours aux temps anciens,  passant le triste message
qu’il y a des choses qui ne changent pas: la soif du
pouvoir, le destin tragique et en même temps la
nécessité des idéalistes et de l’idéalisme. Cette idée
se développe de façon bouleversante dans les chapitres
“Le témoignage du chien”  et surtout “Le témoignage du
prêtre”.
Les événements actuels sont enclenchés par l’auteur
avec les légendes anciennes albanaises, dont beaucoup,
tout à fait vierges,  continuent à être peu connues
par l’Occident. Les scènes réelles s’entrelacent avec
des scènes semblables au réalisme magique, lequel,
comme l’auteur a dit dans un interview, “avant de
l’apprendre par la grande littérature
latino-américaine, nous l’avons appris par la
littérature orale albanaise, notamment par l’Epopée
Légendaire du Nord, que le monde connaît
malheureusement peu”.
Après le témoignage du Prêtre, qui arrive comme la
finale du livre, on s’absorbe dans ses réflexions par
l’idée que le totalitarisme peut être renversé mais,
comme les virus, il peut réapparaître sous d’autres
formes “imunisées”  faces aux vaccins du monde libre.
-Tu pleures?  demande à l’auteur à la fin du livre le
prêtre fusillé par les communistes. - Alors très bien,
c’est parfait. Ça veut tout simplement dire que tu es
un Etre Humain.

**********

Mehmet ELEZI  est né en 1949  à Tropoja, dans le nord
de l’Albanie. Il est diplômé dans la Faculté des
Lettres de l’Université de Tirana et plus tard il a
fait des études postuniversitaires et a été spécialisé
dans le domaine de la philosophie. 
Il a consacré le plus grand temps de sa carrière
professionnelle au journalisme en travaillant comme
reporter, analyste et redacteur en chef dans les plus
importants quotidiens de la capitale albanaise.

Mehmet ELEZI a publié des recueils de poésies, des
impressions de voyage, des essais et des romans.
Entre les plus connus de ses livres on pourrait citer
les romans:
	-“Le tombeau du destin”  (1997)
	-“Le huitième jour de la semaine” (1998)
	-“L’homme sans tête” (1999)
	-“Le calendrier de Noé” (2000).
Il a publié aussi les recueils d’essais et d’analyses
politiques sur les questions des Balkans comme:
	-“La troisième opportunité” (1993)
	-“Anxiété balkanique” (1994”
	-“ La géostratégie alternative” (1996)
	-“Le Kosova entre la politique et la réalpolitik”
(1999).
Actuellement il est directeur de l’Institut des Etudes
Internationales et Stratégiques et professeur dans la
Faculté du Journalisme à l’Université de Tirana.

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